{"id":6581,"date":"2022-04-14T15:22:31","date_gmt":"2022-04-14T19:22:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/?p=6581"},"modified":"2022-04-14T16:41:38","modified_gmt":"2022-04-14T20:41:38","slug":"les-risques-du-prive-en-sante-la-prudence-est-de-mise-selon-le-dr-rejean-hebert-ex-ministre-de-la-sante-du-quebec","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/les-risques-du-prive-en-sante-la-prudence-est-de-mise-selon-le-dr-rejean-hebert-ex-ministre-de-la-sante-du-quebec\/","title":{"rendered":"\u00ab&nbsp;Les risques du priv\u00e9 en sant\u00e9&nbsp;: la prudence est de mise&nbsp;\u00bb selon le Dr R\u00e9jean H\u00e9bert, ex-ministre de la Sant\u00e9 du Qu\u00e9bec"},"content":{"rendered":"\n<p>R\u00e9jean H\u00e9bert est professeur titulaire au D\u00e9partement d&#8217;administration de la sant\u00e9 de l&#8217;\u00c9cole de sant\u00e9 publique de l&#8217;Universit\u00e9 de Sherbrooke depuis 2014.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 pour le Parti qu\u00e9b\u00e9cois en septembre 2012 et nomm\u00e9 ensuite ministre de la Sant\u00e9 et des Services sociaux ainsi que des A\u00een\u00e9s, la m\u00eame ann\u00e9e. Il s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 pour le Parti lib\u00e9ral du Canada en 2019 dans la circonscription de Longueuil\u2014Saint-Hubert, mais a perdu ses \u00e9lections.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a r\u00e9dig\u00e9 un article qui est paru dans le Soleil de Qu\u00e9bec le 11 avril 2022 pour mettre en contexte le souhait du gouvernement Legault d\u2019augmenter la contribution du priv\u00e9 afin d&#8217;augmenter la capacit\u00e9 du r\u00e9seau et r\u00e9duire les listes d\u2019attente pour les chirurgies caus\u00e9es par la pand\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.lesoleil.com\/2022\/04\/11\/les-risques-du-prive-en-sante-76b63d21cb5819de01b68269c09ee723\" target=\"_blank\">Voici le lien vers l\u2019article au complet<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans son article du Soleil, M. H\u00e9bert fait une diff\u00e9rence entre deux types de privatisations&nbsp;: celle du financement et celle de la prestation de services.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"181\" height=\"181\" src=\"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/RejeanIMAGE.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6589 size-full\" srcset=\"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/RejeanIMAGE.jpg 181w, https:\/\/www.healthcoalition.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/RejeanIMAGE-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 181px) 100vw, 181px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p class=\"has-medium-font-size\">R\u00e9jean H\u00e9bert<\/p>\n\n\n\n<p>l&#8217;Universit\u00e9 de Sherbrooke<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le financement public est une des caract\u00e9ristiques fondamentales de la Loi canadienne sur la sant\u00e9. Elle ne concerne toutefois que les soins hospitaliers et m\u00e9dicaux. C\u2019est ainsi que depuis son adoption, le financement public ne couvre que 70&nbsp;% des d\u00e9penses de sant\u00e9 au Canada.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci repr\u00e9sente une proportion moindre que la moyenne des pays industrialis\u00e9s (74&nbsp;%) et bien en dessous des pays scandinaves, de l\u2019Europe continentale et du Japon (78 \u00e0 86&nbsp;%).<\/p>\n\n\n\n<p>Au Canada, les soins dentaires et optom\u00e9triques, les m\u00e9dicaments, les services psychologiques et de r\u00e9adaptation, en dehors des \u00e9tablissements, ne sont pas couverts par le financement public. M\u00eame chose pour la majorit\u00e9 des soins et services \u00e0 domicile.<\/p>\n\n\n\n<p>La balance de 30&nbsp;% en financement priv\u00e9 au Canada est assum\u00e9e par des assurances, et par les d\u00e9bours\u00e9s des usagers dans des proportions similaires. Ce pourcentage est stable et n\u2019a pas augment\u00e9 au cours des cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Canada consacre 7,6&nbsp;% de son produit int\u00e9rieur brut (PIB) au financement public des services de sant\u00e9 et arrive au 12<sup>e<\/sup> rang des pays industrialis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Japon, ainsi que les pays europ\u00e9ens et scandinaves consacrent beaucoup plus de leur richesse collective \u00e0 la sant\u00e9 (8 \u00e0 10&nbsp;%).<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qu\u00e9bec est aussi la province canadienne qui, bon an mal an, investit le moins en sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si les t\u00e9nors de la droite affirment souvent le contraire, le financement public de la sant\u00e9 est loin d\u2019\u00eatre \u00e0 la hauteur des provinces et pays auxquels on compare souvent notre performance.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour rejoindre la moyenne canadienne, le Qu\u00e9bec devrait investir un milliard de dollars de plus par ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pour que le Canada rejoigne le financement public de la France, par exemple, il lui faudrait injecter 34 milliards de dollars de plus annuellement.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, il y a la prestation, c\u2019est-\u00e0-dire la fourniture de services. Dans ce domaine, il n\u2019y a pas de donn\u00e9es disponibles pour comparer le Canada aux autres pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les soins hospitaliers et d\u2019h\u00e9bergement, ce sont surtout des \u00e9tablissements publics, \u00e0 l\u2019exception de quelques cliniques de chirurgie et de quelques dizaines de CHSLD priv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Un financement priv\u00e9 peut intervenir \u00e0 la marge pour certains services comme l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une chambre en occupation simple ou double dans les h\u00f4pitaux. Plusieurs prestataires priv\u00e9s sont enti\u00e8rement financ\u00e9s par l\u2019\u00c9tat, notamment les cliniques m\u00e9dicales et radiologiques. Dans le soutien \u00e0 domicile, une faible partie du financement est public avec des prestataires publics (CLSC) ou priv\u00e9s, qu\u2019ils soient \u00e0 but lucratif (ex.&nbsp;: r\u00e9sidences pour a\u00een\u00e9s, agences) ou sans but lucratif (ex.&nbsp;: entreprises d\u2019\u00e9conomie sociale d\u2019aide \u00e0 domicile ou organismes communautaires).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le financement priv\u00e9 est surtout appliqu\u00e9 aux prestataires priv\u00e9s, comme pour les soins dentaires et optom\u00e9triques, ainsi que les services d\u2019un psychologue, d\u2019un kin\u00e9siologue ou d\u2019un professionnel de la r\u00e9adaptation.<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9dicaments en dehors des \u00e9tablissements repr\u00e9sentent un cas plus complexe avec le r\u00e9gime d\u2019assurance mis en place au Qu\u00e9bec en 1997. La prestation est priv\u00e9e et offerte par les pharmaciens communautaires. Le financement est soit priv\u00e9, pour 55&nbsp;% de la population qui cotise \u00e0 des assurances collectives, soit public pour les personnes a\u00een\u00e9es, celles recevant de l\u2019aide sociale ou les travailleuses et travailleurs autonomes. Une contribution priv\u00e9e est habituellement aussi exig\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une analyse de toutes les \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es sur cette question, Devereaux et ses coll\u00e8gues ont plut\u00f4t d\u00e9montr\u00e9 que les \u00e9tablissements priv\u00e9s pr\u00e9sentent un taux de mortalit\u00e9 plus faible (2&nbsp;%), mais significativement sup\u00e9rieur aux h\u00f4pitaux publics. Les \u00e9tablissements priv\u00e9s entra\u00eenent des co\u00fbts significativement plus \u00e9lev\u00e9s (19&nbsp;% en moyenne) que les \u00e9tablissements publics, profit oblige.<\/p>\n\n\n\n<p>Des donn\u00e9es qu\u00e9b\u00e9coises, documentant l\u2019exp\u00e9rience de la Clinique Rockland, arrivaient \u00e0 des r\u00e9sultats contraires pour les co\u00fbts, mais les propri\u00e9taires de la clinique n\u2019ont pas consid\u00e9r\u00e9 que leurs patients sont fort diff\u00e9rents de ceux recevant des soins \u00e0 l\u2019h\u00f4pital&nbsp;: plus jeunes, moins de maladies concomitantes et conditions moins complexes. Dans les comparaisons d\u2019efficience, soulignons aussi que les \u00e9tablissements publics ont souvent des programmes op\u00e9ratoires perturb\u00e9s par la survenue de cas urgents et impr\u00e9vus. Ils doivent aussi assumer les soins requis lors d\u2019\u00e9ventuelles complications survenues chez les personnes op\u00e9r\u00e9es au priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est cependant imp\u00e9ratif de rattraper le retard induit par la pand\u00e9mie. La contribution du priv\u00e9, m\u00eame plus co\u00fbteuse, pourrait \u00eatre utile. Il y a cependant des risques qu\u2019il faut pr\u00e9voir et mitiger. La croissance d\u2019un r\u00e9seau priv\u00e9 parall\u00e8le pourrait drainer les ressources humaines d\u00e9j\u00e0 critiques des \u00e9tablissements publics et amplifier la p\u00e9nurie de personnel. Cela pourrait entra\u00eener une diminution de la capacit\u00e9 chirurgicale du r\u00e9seau public. L\u2019effet net serait \u00e0 la limite un transfert du public vers le priv\u00e9, sans diminution nette des temps d\u2019attente. Ensuite, le priv\u00e9 pourrait s\u2019int\u00e9resser aux cas plus simples et aux patients plus jeunes, laissant les personnes a\u00een\u00e9es ou les cas complexes sur les listes d\u2019attente des h\u00f4pitaux publics. Cette situation pourrait ainsi donner \u00e0 certaines personnes le privil\u00e8ge de couper ind\u00fbment la file d\u2019attente. Enfin, comme il y a un profit \u00e0 la carte, certains m\u00e9decins pourraient \u00eatre tent\u00e9s de privil\u00e9gier leur clinique priv\u00e9e au d\u00e9triment de l\u2019\u00e9tablissement public, tant pour leur disponibilit\u00e9 que pour la r\u00e9f\u00e9rence des patients. On a d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9 ce ph\u00e9nom\u00e8ne pour la radiologie, notamment.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux ardents partisans du priv\u00e9 en sant\u00e9, je rappellerais en terminant que lors de la pand\u00e9mie, le priv\u00e9 n\u2019a pas d\u00e9montr\u00e9 sa sup\u00e9riorit\u00e9, loin de l\u00e0. Rappelons-nous des catastrophes dans certains CHLSD priv\u00e9s, de l\u2019impuissance des r\u00e9sidences pour a\u00een\u00e9s et de leur appel \u00e0 la rescousse au r\u00e9seau public, ou encore de la contribution du personnel des agences priv\u00e9es de placement face aux \u00e9closions.<\/p>\n\n\n\n<p>Le financement priv\u00e9 des services de sant\u00e9 au Canada est d\u00e9j\u00e0 l\u2019un des plus importants des pays industrialis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation plus importante de prestataires priv\u00e9s n\u2019est pas une panac\u00e9e et n\u2019est pas sans risque dans un contexte de p\u00e9nurie de personnel et de contr\u00f4le des co\u00fbts. La prudence est ici de mise.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Voici une vid\u00e9o pr\u00e9par\u00e9e pour la Coalition canadienne de la sant\u00e9 sur la privatisation&nbsp;: <a href=\"https:\/\/archive.healthcoalition.ca\/why-does-private-health-care-lengthen-public-wait-times\/\">https:\/\/archive.healthcoalition.ca\/why-does-private-health-care-lengthen-public-wait-times\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/la-reponse-a-la-pandemie-est-une-recette-pour-creer-des-soins-de-sante-a-deux-vitesses-affirme-une-infirmiere-membre-du-seiu\/\">Et voici un article qui cite Jackie Walker<\/a>, infirmi\u00e8re auxiliaire et pr\u00e9sidente de la section des soins infirmiers \u00e0 SEIU Healthcare, un syndicat qui repr\u00e9sente plus de 60&nbsp;000 travailleurs de diff\u00e9rents secteurs du syst\u00e8me de sant\u00e9 au Canada et au Qu\u00e9bec.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9jean H\u00e9bert est professeur titulaire au D\u00e9partement d&#8217;administration de la sant\u00e9 de l&#8217;\u00c9cole de sant\u00e9 publique de l&#8217;Universit\u00e9 de Sherbrooke\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":6563,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"give_campaign_id":0,"footnotes":""},"categories":[93],"tags":[],"class_list":["post-6581","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-commentaire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6581","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6581"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6581\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6592,"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6581\/revisions\/6592"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6563"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6581"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6581"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.healthcoalition.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6581"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}