« Interdire le plasma rémunéré et mettre fin au contrat avec Grifols », réclament les défenseurs de la santé
Ottawa – Les coalitions de défense de la santé de partout au Canada font appel à Santé Canada, la Société canadienne du sang et les gouvernements provinciaux pour qu’ils prennent des mesures immédiates pour mettre fin à l’autorisation accordée à Grifols d’acheter le plasma au Canada, et pour divulguer le contenu du contrat secret conclu entre la Société canadienne du sang et Grifols en 2022.
Regardez la conférence de presse d’aujourd’hui ici :
Les défenseurs de la cause réagissent au témoignage livré le 26 mars devant la commission permanente de la santé (HESA) de la Chambre des communes, au cours duquel Mary Hughes, vice-présidente des ventes et des opérations commerciales chez Grifols Canada, a répondu à des questions concernant deux décès survenus dans les centres de collecte de l’entreprise.
« Le représentant officiel de Grifols n’a pas répondu de manière exhaustive aux questions et n’a pas assumé la responsabilité de ce qui est arrivé à ces malheureux donneurs de plasma. La réaction logique pour le Manitoba serait de suspendre leurs activités, d’enquêter sur ces décès et d’adopter une loi interdisant les dons de plasma rémunérés, comme l’ont fait d’autres provinces », déclare Noah Schulz, de la Manitoba Health Coalition. « Les dons de plasma rémunérés par des organismes privés à but lucratif ne devraient être autorisés nulle part au Canada – c’est tout simplement trop risqué ».
Grifols exploite des centres d’extraction de plasma à but lucratif au Canada depuis janvier 2022. Au cours de cette période, les établissements de Grifols ont été jugés non conformes plus souvent que tous les autres centres de collecte de produits sanguins du Canada.
Les décès liés à la collecte de plasma sont extrêmement rares, ce qui fait que les deux décès survenus dans les établissements de Grifols au Manitoba, combinés aux lésions rénales d’une troisième personne au Manitoba, et la fréquence de leurs problèmes de non-conformité, démontrent la nécessité d’une action immédiate.
Le témoignage officiel de Grifols Canada devant le Parlement, soigneusement pesé, a laissé plus de questions que de réponses, après que l’entreprise eut initialement refusé de comparaître.
Le témoignage de Mary Hughes, vice-présidente des ventes chez Grifols, a soulevé plus de questions que de réponses le jeudi 26 mars, lorsqu’elle est comparue à la suite d’une convocation formelle, devant le Comité permanent de la santé, après avoir initialement refusé de comparaître.
« Grifols semble trainer les pieds et manquer de transparence quant à ses procédures lorsque sa représentante a été interrogée par les parlementaires », déclare Siobhán Vipond, vice-présidente de la Coalition canadienne de la santé. « Les familles des défunts méritent mieux que cela. Les donneurs, qui sont souvent en difficulté financière et vendent leur plasma parce qu’ils ont besoin d’argent, ne devraient pas voir leur vie mise en danger ».
À la suite du témoignage de Mme Hughes, les membres du comité ont adopté à l’unanimité une motion ordonnant à la Société canadienne du sang, l’organisme public à but non lucratif chargé de la collecte de sang et du plasma qui a conclu le contrat avec Grifols en 2022, de remettre ce contrat exclusif et secret d’une durée de 15 ans au comité permanent de la santé au plus tard le 10 avril.
En résumé, les Coalitions de la santé exigent :
- Que Santé Canada, la Société canadienne du sang et les gouvernements provinciaux mettent fin à l’autorisation accordée à Grifols de collecter du plasma au Canada. Santé Canada doit révoquer toute licence ou autorisation équivalente permettant à Grifols de collecter du plasma.
- Que les gouvernements provinciaux qui ont autorisé Grifols à établir des centres de collecte de plasma interdisent la collecte de produits sanguins rémunérée et à but lucratif.
- Que Santé Canada publie des rapports d’inspection détaillés, incluant les événements indésirables, et informe le public si tous les centres Grifols ont été inspectés depuis leur mise en service.
- Qu’il il y ait une enquête judiciaire sur les décès tragiques survenus à Winnipeg, au Manitoba, qui donnerait lieu à une enquête indépendante de Santé Canada et de la Société canadienne du sang.
- Santé Canada et la Société canadienne du sang doivent divulguer la fréquence à laquelle Grifols a prélevé du plasma rémunéré sur les personnes décédées.
- La Société canadienne du sang et Grifols doivent se conformer à la directive du Comité permanent de la santé et divulguer le contrat entre la Société canadienne du sang et Grifols, dont les termes ont été gardés secrets jusqu’à présent, et mettre fin à ce contrat.


